Projet
L’impromptu de Strasbourg
« Le projet a pour objectif de juxtaposer des images et des écritures de natures différentes, les unes dialoguant avec les autres. Mais parfois elles nous feront entrer en dissonance et nous feront danser aux rythmes de Strasbourg, été 1518.
Le projet s’articulera autour de trois volets : mémoire, histoire, image.
La mémoire est comme une marée qui fait remonter des souvenirs du passé lointain. Bien que j’aie quitté Strasbourg il y a 15ans, je porte toujours en moi ses paysages. L’histoire est aussi flottante. Mon écriture la fera vaciller entre théorie et fiction. Quant aux images, elles joueront un rôle de catalyseur en forçant parfois la rencontre entre le temps et l’espace. En combinant des images trouvées ou celles d’archives avec des photographies documentaires, j’ai l’intention de m’imprégner d’une narration expérimentale.
Le projet emprunte ses notes à la composition musicale où l’improvisation joue un rôle important. Cet esprit de libre variation est aussi caractéristique de la ville de Strasbourg qui est connue pourson histoire mouvementée.
Comme dans Les nuits de Strasbourg d’Assia Djebar, ce projet cherche aussi à examiner la notion d’autrui, celui qui est étrange ou étranger sur le territoire du Grand Est.
Ma boussole pour ce projet est la citation du philosophe Emmanuel Lévinas: « sans savoir nager, se jeter à l’eau poursauver quelqu’un, c’est aller vers l’autre totalement… ».
Je cherche à la fois questionner l’Alsace comme une terre d’accueil pour certaines communautés et une terra incognita pour la France de l’intérieur. Je m’intéresse également à créer un dialogue entre la ville de Strasbourg et d’autres villes européennes où j’ai résidé ces dernières années : Berlin, Barcelone, Bruxelles, Budapest, Lyon, Paris et Londres. »